Hassan, arrivé d’Afghanistan en 2011, s’est trouvé des amis grâce au club.

Des pierres d’Afghanistan au gazon rennais, s’intégrer par le cricket

Rennes a son premier club de cricket depuis janvier 2017. Un sport très pratiqué en Afghanistan, pays d’origine des premiers joueurs. L’occasion, le temps d’un entraînement, de retrouver le plaisir du jeu et de s’intégrer par le sport.

Du cricket sur un terrain de football : l’entraînement est classique pour les joueurs du club rennais. Ils sont une vingtaine à s’échauffer ce mercredi après-midi, en vue du match de samedi. Jeune étudiant d’origine afghane, Wahab Marouf dirige la séance. D’origine afghane, il a monté le Rennes Cricket Club il y a dix mois.

Wahab Marouf arrive en France en 2013. Il obtient le statut de réfugié et commence à étudier dans un lycée de Rennes. En 2016, âgé de 18 ans, il entame les démarches pour monter le club de cricket. L’objectif est d’offrir une structure pour ses amis et lui, qui jouent régulièrement ensemble, après les cours.

Pour monter l’association, le jeune homme s’entoure de nombreux soutiens, dont le comité départemental de baseball et de softball d’Ille-et-Vilaine, deux sports qui se rapprochent du cricket.

L’équipe compte maintenant une trentaine de pratiquants réguliers et participe à des matchs contre les quelques clubs présents en Bretagne et en Normandie. L’occasion « de rencontrer d’autres jeunes, d’autres joueurs », explique Wahab.

Nouveau public

Hassan, 20 ans, a rejoint le groupe il y a quelques mois. Il fait désormais partie du noyau dur de l’équipe, qui accueille chaque mois de nouveaux arrivants. « On n’a pas encore de vrai terrain mais c’est toujours mieux que les cailloux sur lesquels on avait l’habitude de jouer chez nous ! » raconte le jeune Afghan.

Le club continue de grandir : une demande officielle de salle a été faite, pour pouvoir jouer pendant l’hiver, et Wahab imagine acheter prochainement des maillots aux couleurs de l’équipe, de nouvelles balles plus légères et des battes solides.

Le batteur, un des postes-clés du cricket.
Le batteur, un des postes-clés du cricket. PHOTO CHLOE BORGNON

Ce club, c’est aussi l’occasion pour les joueurs afghans et pakistanais de faire découvrir leur sport aux Rennais. « Comme on n’a pas le meilleur matériel, c’est un peu plus difficile pour les débutants, reconnaît Wahab. Mais il y a de nombreuses personnes qui s’intéressent au cricket. Pour nos derniers matchs, on avait 60 à 80 supporters ! » Une forme de succès pour ce sport très peu connu des Français.  

Pour certains joueurs, c’est aussi un moment pour apprendre à mieux parler français. Si, pendant les entraînements en petit comité, c’est le pachto, une langue parlée dans certaines régions d’Afghanistan et du Pakistan, qui vient naturellement, Wahab explique pousser les joueurs à s’exprimer en français au maximum. Pour mieux s’intégrer. « Même si certains mots du cricket n’existent pas en français », s’amuse le jeune entraîneur.

Chloé Borgnon & Marie Decrême

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